23.11.2009
Merci Marie !!
Merci à Marie C. qui nous offre la première bannière afin de personnaliser le blog. Grâce à elle, la publicité quelque peu envahissante est amoindrie et reléguée à un second plan.
Nous attendons, bien sûr, d'autres propositions que nous vous soumettrons.
D'ici là bonne lecture du Rapport de Brodeck et à bientôt pour, j'espère, de bonnes nouvelles...
CLF
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13.11.2009
Les âmes grises
Un étrange gris
« Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil… » Tout comme ce livre d’ailleurs, un livre gris, ni tout merveilleux, ni tout horrible, c’est l’étrange qui l’emporte ! Une sensation.
Un univers assez difficile à pénétrer car rien n’est structuré et l’ambiance donnée laisse quelque peu perplexe. Perplexe devant ce glauque, ce pessimisme, ce morbide… Mais une fois rentré, on en sort qu’à la fin du livre et encore …
Avec ce roman, on part dans l’inconnu, on cherche l’inconnu et le plus frustrant surtout, c’est qu’on reste encore et toujours dans l’inconnu et dans le gris avant tout. Bien plus que flou en fait, ou plutôt différemment flou…
La guerre et des morts, le temps et des morts, des morts et des morts. L’homme et la mort aussi. Et puis, pas que la mort. Quoique… La vie d’un pauvre type finalement, un gars qui semblait heureux mais qui pourtant a tout perdu et qui, pour vivre cherche la vérité… Pour qui ? Pour quoi ? A quoi bon ? Peu importe au fond, non ? Qu’est-ce que le plus important, les faits ou les raisons ? … Puisque tout est gris…
Ce bouquin rassemble à la fois des points positifs et négatifs, un baluchon de perplexité, comme la vie finalement… Serait-ce le livre d’une vie, le livre de la vie ? Mais peut-on avoir une vision si pessimiste de la vie ? Pourquoi écrire un livre si déprimant, où l’espoir n’existe pas ?
« Les gens heureux n’ont pas d’histoire » certes… Faudrait-il, (serions nous) alors obliger de raconter tout le malheur, la terreur, la détresse du monde ? Etrange...
Cet ensemble de pages et de mots (le livre), c’est aussi une enquête. L’affaire comme ils disent. Un autre malheur auquel le narrateur s’accroche comme l’aigle à sa proie, et coriace en plus ! Jamais il n’en démorde c’est sa base, pas ses racines, non ; plutôt son patron, comme en couture. Il le suit mais peut aussi s’en éloigner… Et puis y revenir. Mais attention, ce n’est pas un jeu, non ! Ou alors un jeu noir… enfin gris pardon.
Finalement, un livre vidé de vie, un livre gris, vous dis-je ! On y trouve pourtant des sentiments, mais la guerre est tellement destructrice que sans être réellement présente dans la vie du narrateur ; son univers parvient jusqu’au lecteur sans qu’il ne le souhaite…
Une chose bien étrange qui vous emmène ailleurs et tout près. Alors je ne vous souhaite pas bon courage, non mais je vous parle d’humanité messieurs, dames ; humanité toute grise, mais humanité tout de même, oui !
Lisa Poirier
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09.11.2009
Quelques clés pour La petite fille de M.Linh
Voici ce que répond Philippe Claudel à propos de la Petite fille de M.Linh 
1. "La petite fille de Monsieur Linh" nous a paru facile à lire, à une exception près, celle du point de vue. Par moments, on ne sait plus si c'est Monsieur Linh ou si c'est un poète qui transmet sa vision du monde. Comment avez-vous travaillé cette notion ?
Je voulais en effet un texte facile à lire. En tout cas d’une apparente facilité. Mais c’est peut-être de tous les livres que j’ai écrits celui pour lequel j’ai le plus travaillé et retravaillé pour arriver à cela. La plupart du temps, c’est Monsieur Linh qui voit le monde. C’est une focalisation interne. Mais parfois, celle-ci se dédouble pour laisser un peu de place à la voix d’un narrateur qui se confondrait avec le personnage et avec l’auteur. Mais tout cela se fait assez naturellement, puisque quand j’écris ce livre, je deviens Monsieur Linh, je marche comme lui, je pense comme lui, j’ai peur comme lui et j’espère comme lui.
2. En écrivant "La petite fille de Monsieur Linh" aviez-vous en tête un cadre spatio-temporel précis avant de recourir à l'indétermination du conte ?
Non. Le but était vraiment d’être imprécis géographiquement, et un peu aussi temporellement. Je voulais que tous mes lecteurs dans le monde puissent ancrer cette histoire dans leur pays. Il ne faut pas oublier que ce texte a été écrit après que les âmes grises ont été traduites en plusieurs dizaines de langues. Soudain je prenais conscience que j’étais lu en dehors de mon pays. Ce livre s’est écrit aussi dans le rythme incessant des voyages autour du monde, comme Brodeck d’ailleurs, et cela n’est pas étranger à sa tonalité.
3. En lisant votre roman, certains élèves de la classe ont été tentés par une lecture chrétienne de votre oeuvre. Pouvez-vous, dans la mesure du possible, préciser votre univers de croyance, votre rapport à la religion ?
Je suis un ancien croyant que la foi a abandonné. Un jour Dieu a mis la clé sous la porte et il est parti de chez moi, sans me donner de raison. Je garde tout des enseignements de la religion catholique, et de toutes les religions en général, le respect de l’autre, la fraternité, la compassion, la charité, etc. La seule chose que je n’ai plus, c’est Dieu, mais finalement, ce n’est peut-être pas la chose la plus importante. Dieu ne réside peut-être que dans son message.
4. Est-ce que vous souhaiteriez une adaptation cinématographique de votre roman ? Et si oui, comment envisagez-vous la chose ? (cela implique de répondre à la question : faut-il montrer qu'il s'agit d'une poupée ? quel est le regard porté sur Linh ?)
J’ai écrit une adaptation à la demande d’un producteur, il y a deux ans. Puis le producteur voulait que je la mette en scène moi-même. J’ai réfléchi longtemps et j’ai fini par dire non. Cela ne m’intéresse pas, ou pas pour le moment. Le plus difficile pour moi était d’imaginer à l’écran, le non lieu de cette ville. La poupée, certes, devait être montrée au bout d’une dizaine minutes, mais le fait de la voir ne me posait pas problème car je trouvais que cela rendait encore plus belle la relation entre les deux hommes : Monsieur Bark accepte la folie de Monsieur Linh, car l’amitié est plus forte que cela. Non, pour moi, la plus grande difficulté était de l’ordre du décor. Par ailleurs, il aurait fallu trouver un équivalent cinématographique pour traduire la poésie du livre et sa fragilité, je parle ici de style, et ce n’est pas évident. Mais de toute façon, d’une façon générale, je fais tout la plupart du temps pour décourager les adaptations de mes livres à l’écran. Pour Les Âmes grises, c’était un peu différent, car c’était un ami, Yves Angelo, qui voulait l’adapter, et j’aime beaucoup son univers cinématographique.
CLF
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